Lav’autobio a vu le jour à Cherbourg en 2008, grâce à un homme,
Olivier Longueval. Cet ancien directeur commercial dans l’automobile en région parisienne s’est retrouvé au chômage à 40 ans passés. Au bout de 18 mois, il n’avait pas retrouvé d’emploi. « Je me suis dit : si moi qui ai une cellule familiale soudée, un peu d’argent de côté, un bac + 5, de l’expérience, du réseau... je ne trouve pas de travail et suis esseulé assez rapidement, les gens qui ne sont pas épaulés peuvent être déstabilisés en quelques mois. » De là lui est venue l’idée d’ouvrir une franchise Sinéo, entreprise d’insertion qui propose du nettoyage de véhicules en utilisant très peu d’eau et 100% de produits biodégradables.
Le choix de la Manche
Pour ce père de famille soucieux d’aider les autres et les générations futures, « le développement durable n’est pas une simple vue de l’esprit ». Il choisit le Cotentin pour rejoindre sa fille aînée, elle-même originaire de l’Île-de-France et installée à Valognes, où elle a trouvé « un havre de paix et un équilibre professionnel et familial». En quatre mois, son entreprise est créée. « J’ai rencontré dans la Manche, dans le monde de l’insertion, de la création d’entreprise, du développement durable, des chambres consulaires, du conseil général… des gens intéressants, accueillants, motivés, dynamiques, qui m’ont bien informé et accompagné ».
Respecter l’environnement
Chez Lav’autobio, les véhicules sont nettoyés avec des produits non nocifs, à base d’huiles essentielles et d’eau. Celle-ci est largement économisée, avec une consommation de cinq litres par
voiture, contre 500 en moyenne pour un particulier ou 180 en lavage haute pression. Ce petit miracle tient dans les composants utilisés, créés spécifiquement pour le nettoyage des véhicules par un laboratoire des Vosges. Aucun rinçage n’est nécessaire et les lingettes utilisées sont lavées sans lessive, le principe actif des produits leur permettant de s’auto-nettoyer. Assouplies dans un
sèche-linge, elles génèrent une eau récupérée pour diluer les composants dans les pulvérisateurs.
Redonner confiance
C’est « l’huile de coude » qui fait tourner l’entreprise. « Nous sommes sur le secteur marchand, embauchons des personnes en difficulté dans un environnement concurrentiel, avec des clients, et dont la majeure partie des revenus sont tirés de leur propre activité. » En leur donnant sa confiance, Olivier Longueval leur permet de retrouver la leur, ainsi qu’une existence sociale. Agréée « entreprise d’insertion » par ses partenaires, la Direccte*, le conseil
général et Pôle emploi, Lav’autobio accompagne, encadre et aide. Formés pendant un mois, ses salariés se déplacent ensuite seuls chez les clients, des concessionnaires automobiles, des entreprises ou des collectivités locales. Leurs contrats durent de quatre mois à deux ans, le temps de se remettre sur les rails.
Avec 12 salariés, ce patron humaniste a déjà accueilli 22 personnes. Toutes n’ont pas retrouvé du travail, mais beaucoup ont repris une activité ou sont entrées en formation. Certaines ont même créé leur entreprise. « Si on sait les accompagner, les aider à être bien dans leur tête, ce sont des avions de chasse, des gens capables de faire plein de choses, c’est vraiment intéressant. »
*Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi
CONTACT : Lav’autobio
1, rue de Strasbourg
50100 Cherbourg-Octeville
02 33 43 94 72
lavage-voiture-cherbourg.fr