Sur les espaces naturels et les ports, les sites et musées de son réseau, le Pavillon des énergies, mais aussi ses bâtiments administratifs et les routes départementales, le conseil général applique une démarche de gestion différenciée. La méthode : un entretien adapté à chaque site, une utilisation raisonnée des produits chimiques et des techniques alternatives moins impactantes sur l’environnement.
Les bords de route bénéficient par exemple d’une fauche tardive, qui favorise le développement et la réapparition d’une faune et d’une flore diversifiées, tout en étant conforme aux règles de sécurité et de visibilité pour les usagers. En passant de 4 000 litres de produits phytosanitaires utilisés en 2005 à 325 en 2012, des efforts conséquents ont été réalisés. Des chiffres éloquents et une réussite rendue possible grâce à une prise de conscience de chacun des acteurs de l’impact de ces produits sur la santé des agents et du public, ainsi que sur l’environnement.
Le réseau des sites et musées du conseil général développe également cette réflexion : tonte différenciée, compost, protection des milieux naturels… Des panneaux explicatifs sensibilisent ainsi les visiteurs, avec humour, aux choix faits en matière de gestion des espaces.
Traiter mieux, ne plus traiter
Pour mener à bien cette démarche, le conseil général est accompagné par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles de Basse- Normandie (FREDON). À travers une charte d'entretien des espaces publics, il s’engage, selon les sites, à traiter mieux ou à ne plus traiter chimiquement, en privilégiant une gestion simplifiée et plus naturelle des espaces. Afin de répondre aux contraintes réglementaires et environnementales, agents et élus sont ainsi formés aux bonnes pratiques (conformité des lieux de stockage, des produits utilisés, des équipements de protection individuelle…). L’objectif : atteindre le niveau « 0 phyto » en 2014.
Vers plus de tolérance
Ces pratiques nécessitent par ailleurs une nouvelle perception du grand public : les usagers sont invités à diminuer leur niveau d’exigence et à tolérer les quelques herbes qui peuvent dépasser… Il s’agit bien de prendre conscience des risques mais aussi des avantages : « retour des fleurs, des insectes utiles, des hérissons, des oiseaux... laisser l’herbe pousser un peu plus haut est un geste simple qui favorise la biodiversité, participe à préserver la nature
et notre santé ! », souligne Lucie Brodin, du musée régional de la poterie à Ger. « Il faut savoir laisser s’exprimer la nature et mieux la comprendre, ça ne peut être que bénéfique pour tous ! »